Vendredi 22 Novembre 2002

 

 

20h18 : May I introduce you... 

J'ai passé la journée d'hier à faire ma reco marketing, à écrire le concept et surtout à construire notre stratégie créative. J'ai également corrigé et remanié les 6 scenarii représentant les scènes de l'institutionnel pour lequel nous bûchons. A la fin de la journée, j'avais un mal de crâne à me taper la tête contre les murs, j'en avais plein l'dos et j'en voulais à la terre entière pour cause de pleine lune... C'est alors que Ben (appelé aussi, "celui-qu-est-jamais-où-on-l-attend") m'appelle pour me dire : "allez, tu sautes dans un métro et tu viens bosser chez moi !"... C'est s'laaaaaa oui... "Et puis, prends ton pyjama, tu dormiras là, ça sera plus pratique"... Ben voyons ! Plus pratique ?? Gros gros stress ! En pleine semaine nature, des jambes de gorille, une humeur de chien et môsieur veut que je prenne le métro à 21h pour venir chez lui ! Pfff........ 

 

..........Bien sûr, une douche plus tard et j'étais là, dispo, de bonne humeur et prête à passer la nuit dans son lit. (Ne vous méprenez pas et gardez vos sous entendus pour vous, il n'a qu'un studio et donc qu'unlit !) Bien sûr je n'avais pas dîné, mais comme il avait acheté du vin (un très goûtu Bergerac), nous sommes sortis me prendre une collation et nous n'avons commencé à réellement bosser que vers 23h... Fous rires, symbiose d'esprit, délicates attentions... J'étais littéralement morte de trouille en arrivant et à l'heure du coucher, je me sentais détendue comme si j'avais déjà 10 ans de vie commune avec lui.

 

Il m'a laissé utiliser la salle de bain en premier et j'en suis ressortie toute de satin virginal vêtue (Quoi ???) Il a fait son lit de draps propres et nous sommes montés dans la mezzanine. En utilisant l'échelle en bois, je repensais à cette phrase de Clemenceau  qui disait à propos du mariage : "le meilleur moment c'est quand on monte l'escalier" Arf. Il a mis la B.O du seigneur des anneaux et nous avons discuté deux heures l'un près de l'autre dans une pénombre seulement troublée par la blancheur de la nuit émanant du velux. Nous avons parlé boulot, points communs et ce n'est qu'à la 8eme fois au moins qu'il disait "oh, j'allais l'dire !" que j'ai décidé d'aborder clairement le fond du problème... De cette étonnante conversation vérité j'ai surtout retenu la tonne de compliments qu'il m'a fait. Du "étonnamment fine et intelligente" à "la fille la plus drôle que je connaisse" en passant par "mais arrête de dire que t'es moche c'est faux !" à l'excellent "t'es une fille très impressionnante"... Je roucoulais de bonheur ! J'ai également eu gain de cause et ai retrouvé toute ma dignité lorsqu'il m'a avoué (devant tout le monde allais je ajouter !) "ok, j'avoue, j'ai eu un comportement ambigu avec toi parfois"... AHHH ! (je savais bien que je ne me faisais pas de films !) Finalement le fin mot de l'histoire c'est que comme moi, monsieur Ben est un grand sensible doublé d'un grand timide et qu'il est troublé de constater que je lui plais. Comme toutes ses love affair n'excèdent jamais deux semaines il a peur des conséquences si ça ne marchait pas entre nous. (Je préfère ça !) Vers 2h je n'avais plus de salive, j'avais chaud et j'avais surtout soif... A peine mon désir était exprimé que mon chevalier servant dévalait l'échelle pour me quérir un verre d'eau fraîche ! Et de mettre le réveil à 8h30 pour "soit disant" aller me chercher des croissants. Je ne sais pas si vous vous souvenez de l'homme à la Porsche... Arf... C'était vraiment pas le même genre ! Il m'a dit aussi une chose complètement dingue : "j'ai l'impression que tu n'aurais pas besoin de moi ; moi j'ai besoin de me rendre utile, de servir à quelque chose" I DREAM ! Mais bon sang ! ça fait 28 ans que j'attends qu'un type gentil prenne soin de moi au lieu de passer mon putain de temps à materner mes mecs ! Ce qui était très étrange c'est que je pensais exactement la même chose de lui ! Souvenez vous, j'avais mis ça dans les points négatifs de ma liste !

 

A force de papoter, de rire, à 2 cm de lui, je ne rêvais que d'une chose : qu'il me prenne dans ses bras !!! Je ne voulais que ça, mais je le souhaitais fort ! Et, comme ça, sans prévenir, vers les 4h du matin, il m'a dit "viens par là", m'a attiré à lui et m'a enserré. J'en ai eu le souffle coupé, autant par l'inconfortable position dans laquelle je me trouvais que par le geste hautement symbolique qu'il venait de faire... A sa grande surprise, je me suis enfin tu et il s'est endormi, me laissant (en apnée), bouleversée de voir que mon rêve venait de se réaliser. J'étais dans les bras du plus gentil type de la terre et, chose extraordinairement agréable... Il faisait un mètre quatre vingt sept ! ;o)

 

Je crois qu'on s'est réveillés en rigolant. Je ne me rappelle plus bien, j'ai l'impression qu'aujourd'hui c'était le jour de la marmotte (et que la journée a duré une semaine ;o) Il s'est levé et après sa douche m'a préparé des frosties, du jus de pamplemousse et du thé. On s'est un peu moqué des têtes qu'on avait. Au moins lui a dormi ! Parce que pour ma part j'avais tellement la trouille de ronfler, de le cogner dans un mouvement brusque, que j'ai monté la garde dans ses bras la nuit entière sans fermer l'œil. Je dégustais l'instant... M'enfin, je ne vous raconte pas dans quel état j'ai passé la journée !! Atroce... On s'est quitté, dans une foule de sous entendus et je suis partie sous le soleil, faire des emplettes dans le quartier. Il était 10h30, j'étais légère comme mes petites sœurs les feuilles mortes. Je me suis arrêtée dans une boutique de fringues. Tout le monde me souriaient. J'ai essayé un pantalon lacé en velours marron glacé (qui m'allait comme un gant), un haut lacet beige, honteusement sexy (qui m'allait tout pareil) et un pull à col roulé magnifique beige également et lacé sur les manches (qui m'allait... héhéhé) J'ai bien entendu acheté le tout et j'ai continué ma route, les cheveux dans le vent, gelée par un vent de neige pour retrouver Chiara, en passant à peine par la case maison pour poser mes emplettes. On a passé un super déj, tout à notre plaisir de nous revoir ! J'ai filé dans un état cotonneux dans le XIeme pour faire une réunion de consommateurs sur des machines à laver et j'en suis ressortie encore plus... Lessivée ! :D

 

Pendant le déjeuner avec Chiara, Ben m'a téléphoné deux fois. Deux fois pour me dire la même chose : "on a perdu le gros document qu'on a passé la soirée à écrire ! Plus aucune trace sur mon PC, on est foutus !!... Et encore merci pour hier soir, vraiment, merci..." Catastrophée par la nouvelle et écoutant mon devoir avant mon extrême fatigue je me suis remise au travail dès mon retour vers 16h30. Dieu merci j'ai une excellente mémoire, surtout lorsque j'ai travaillé le soir. Je me suis donc souvenue presque mot à mot de tous les textes et ai pu les réécrire, sous perf de thé très noir bien sûr ! Quand j'ai dit à Ben que nous étions sauvés, il a eu vraiment l'air comblé ! A 19h30, il m'a envoyé un sms qui disait : "tous nos concurrents sont out !! Super ! Je passe voir le designer dans ton quartier à 21h..." (c'est à dire juste NOW ! ;o) Je l'ai appelé pour lui dire que malheureusement je ne me sentais pas assez vaillante pour me rhabiller et le retrouver dans le quartier. Il m'a répondu "oh, je voulais juste passer te faire un bisou et encore te remercier pour hier soir". C'est pas trop du concentré de bonheur ça ?!?!?! Arf... Voilà, très exactement, mes krokros, où nous en sommes. C'est sans doute pas grand chose pour vous mais c'était une bien belle journée pour moi ! Cela dit j'ai bien besoin de 12 ou 14h de sommeil... J'y vais de ce pas !

 

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